Fiche technique

Distribution
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Sacha Guitry (Casimir)
Marguerite Pierry (Mélanie)
Francoeur (Mr Lhoreillé)
Jean Fleur (Mr de Joncieux)
René Fauchois (Monsieur Daguerre|
Jeanne Fusier-Gir (Mme de Joncieux)
Yvette Lebon (Sophie)
Georges Lemaire)un jardinnier)
Léon Whalter (Roger Privat de Fresseline)
Geneviève Guitry (Gisèle)

Critique

Le Matin, le 15 mai 1941
carré

Une jeune et jolie bourgeoise de tant précis où elle trompait son mari, a crié :Vive l’empereur ! ». Averti de son malheur, trente ans après, l’époux nous fait rire pendant cinq actes. Casimir, professeur de chant amateur, réunit, pour féter l’anniversaire de son mariage, les témoins de son hyménée le ménage de Joncieux (Duvaleix et Jeanne Fusier Gir), le demi-solde LhoMarguerite reilte (Guillau- PIERRY me de Sax) et l’élégant de Fresseline (Walter). A l’arrivée de ce dernier, la femme de Casimir, la piquante Mélanie (Marguerite Pierry), se trouble et le méfiant Casimir, suivant le vieux système « je sais tout », arrache à de Fresseline l’aveu de la faute qu’il a commise avec Mélanie, il y a six lustres.

Ceci posé, l’auteur va nous présenter une série de scènes plus gaies les unes que les autres avec une jalousie mêlée de curiosité, pour arracher à sa conjointe le jour, le lieu et l’heure du délit. Et quand Mélanie avoue que ça s’est passé le soir de l’anniversaire de lit bataille d’Austerlitz et qu’une joie patriotique, mélée à une autre, lui a fait crier « Vive l’empereur n, on ne peut douter qu’on se trouve en pleine fantaisie.

Puis, il y a le sketch des préparatifs du duel, la pose photographique devant M. Daguerre, l’arrivée de la plus délicieuse des grisettes (Geneviève Guitry), qui semble s’être échappée au livre d’Henri Murger, la Vie de bohème, les essais infructueux de Mme V de Joncieux, qui a provoqué chez Casimir le désir de souffrir avec elle la peine du talion, la leçon de vocalises donnée par Casimir à Gisèle, qui ’n’a qu’un espoir dans la vie mal tourner, et enfin le ratage de la vengeance de Casimir avec Gisèle parce que cela tombait juste l’anniversaire de la bataille de Waterloo. Tout cela est gai, spirituel et charmant.

Le style du roi-citoyen est minutieusement reproduit, tant dans ie décor, que dans l’ameublement »t les costumes. L’ensemble est ravissant et d’un goût parfait. Quant à la distribution, on sait avec quel discernement Sacha Guitry choisit ses partenaires. Marguerite Pierry et Jeanne Fusier-Gir n’ont qu’à se laisser aller à leur nature, qui est incomparable Geneviève Guitry, adorable Gisèle, et Yvette Lebon, soubrette accorte, sont mieux que jolies. Duvaleix, Guillaume de Sax et Léon Walter sont des témoins qui ont adroitement composé leur personnage. Le poète René Fauchois reproduit comiquement le visage de l’inventeur du daguerréotype. Quant à Casimir, c’est l’auteur, et ceci dispense de tout commentaire.

Charles Quinel, Le Matin, le 15 mai 1941