Fiche technique

Distribution
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Sacha Guitry (le baron de Saint Rambert)
Fernandel (Fortuné Richard)
Lana Marconi (une infirmière)
Luce Fayolle (Irma)
Sophie Mallet (Célestine)
Yannick (Marie-Claire)
Robert Sellers (M. Lebllndinet)
André Numès fils (Eugène Labouille)
René Genin (Victor)
Georges Bever (Onesime)
R.Poirier (un porteur)
Gronnoff (le 2ème porteur)
Mikou (Gérard)

Reprises
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1989-1990 : Théâtre Daunou (Paris), mise en scène Jean-Laurent Cochet
2010-2011 : Théâtre La Pépinière (Paris), mise en scène Jean-Laurent Cochet

Critique

Le Figaro, le 17 décembre 1949
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Un nom, un homme, un artiste sauve la soirée, la représentation et la pièce, c’est Femandel ! Cela posé, U est inouï que, disposant de M. Fernande ! et de son immense force comique, l’auteur ne lui ait pas taillé un rôle plus étoffé. Fernandel a très peu de chose à faire parce que la comédie est menue, menue, menue. Au premier acte, il ne paraît pas, mais tout l’effet réside jen ced : on croit qu’il va entrer et il n’entre pas. Une bonne réplique « J’aurais préféré en épouser six, quinze, je ne sais pas combien, plutôt que d’en voir vieillir une seule. Les trois coups. Pas d’entracte.

Le deuxième acte est léger, gentil, un peu loufoque. Il comporte plusieurs gags comiques, un bon monologue inspiré de celui de Figaro et quelques trouvailles. On se sent détendu. On se dit que, pièce pour pièce, l’auteur n’en a pas écrit de meilleure depuis 1944... Entracte. Et puis plouf, c’est la dégringolade. La minceur se transforme en ténuité. La gratuité en embarras. Que vont faire ces gens ? Que vont-ils se dire ? Que va-t-il arriver ? Rien. Quelques pauvres explications qui résolvent tout sans beaucoup de précision, Un ou deux tours de passe- passe. De l’arbitraire au-dessus du vide. Jusque-là, c’était aimable, clownesque, anodin, un peu fou. A part un long téléphonage au premier acte, nul ne s’était encore ennuyé. Il y avait des idées drôles.

La fin nous déçoit comme un soufflé qui n’aurait pas levé jusqu’au bout, et chacun sait que les soufflés manqués s’aplatissent pitoyablement Nous éprouvons du dépit parce qu’un homme de métier travaillant dans le métier n’a pas bouclé la boucle. Les deux derniers actes ont beau se succéder très vite, ils ne parviennent pas à nous faire illusion. Et à 23 h. 25, c’est fini. Ce n’est pas l’auteur qui me contredira. Il sait trop ce qu’est une bonne pièce pour ne pas sentir le déséquilibre de celle-ci.

Heureusement, à côté de Pauline Carton et de Jeanne Fusier-Gir, il y a, répétons-le, Fernandel ! Les mimiques de cet acteur, ses rires, le sentiment qu’il a de sa drôlerie, son art consommé, sa bonhomie, sa franchise habile et sa dégaine, sa silhouette, ses jeux de mains et ses regards, tout cela vaudra un succès à Tu m’as sauvé la vie.

Jean- Jacques Gautier, Le Figaro, le 17 décembre 1949