Fiche technique

Distribution
carré

Sacha Guitry (Docteur Flache)
Lana Marconi (Missia)
Jacques Morel (Jean-Louis Cousinay)
Sophie Mallet (Mademoiselle Putifat)
Jeanne Fusier-Gir (Valentine)

Critique

La Liberté, le 5 novembre 1938
carré

La verve de M. Sadha Guitry s’assombrit. Il s’amusait au paradoxe, avec quelle aisance souriante ! Il s’amuse moins, il sourit peu, il moralise plus.

L’ingénieur Cousinet est convaincu que le cerveau de sa femme n’est pas normal et celle-ci en pense autant du sien. Chacun, de son côté, ils viennent consulter un psychanalyste encore lucide avant d’être passablement ramolli, qui ne voit rien j d’autre dans leur cas qu’une mutuelle incompréhension. Nous apprenions au troisième acte que, somme toute, après s’être adorés, ils ne s’aiment plus assez. Ils ne s’en sont pas aperçus parce qu’ils ont respecté la fidélité conjugale.

Il faudra que l’ingénieur Cousinet reçoive, aux lieu et place du psychanalyste, une jeune personne délicieusement équivoque et que Mme Cousinet découvre avec plaisir les timides avances d’un gentil diplomate pour que les deux époux parviennent à délabyrinther leurs sentiments. L’amour n’est pas chose simple, a dit Platon. Ils se sépareront. La routine du ménage ne convient qu’aux vulgaires ou à ceux qui veulent ignorer les richesses de la vie.

Ainsi pense M. Sacha Guitry.

L’auteur l’affirme, sur scène, avec la superbe autorité qu’on connaît à Facteur. Il est magistral et ses interprètes remarquables : Mmes Elvire Popesco, éblouissante et prolixe Mme Cousinet ; Jacqueline Delubac, joli garçon et troublante jeune fille ; Pauline Carton, l’infirmière ancienne folle qui reste doucement tinbriée ; MM. André Lefaur, le psychanalyste à la mémoire courte ; Jacques Erwin et Robert Seiller.

Paul Mannoni, La Liberté, le 5 novembre 1938