Fiche technique
Distribution
Sacha Guitry (Docteur Flache)
Lana Marconi (Missia)
Jacques Morel (Jean-Louis Cousinay)
Sophie Mallet (Mademoiselle Putifat)
Jeanne Fusier-Gir (Valentine)
Comédie en quatre actes
Crée au théâtre de la Madeleine le 3 novembre 1938 (142 représentations du 2 novembre 1938 au 5 mars 1939)
e docteur psychanalyste Flache faisait la causette avec son infirmière, tandis qu’un couple attendait au salon d’être introduit dans le cabinet du maître psychiatre. Le docteur se disposait à abandonner sa riche clientèle d’obsédés et de refoulés pour aller jouir sur la Côte d’Azur d’un repos bien gagné. Mais voici que par une porte latérale fait irruption l’ingénieur Jean-Louis Cousinet. Il a trouvé un prétexte pour laisser sa femme seule dans le salon d attente et il vient prévenir le docteur que Missia sa femme est dans un état d’excitation nerveuse tel que la vie conjugale en est devenue impossible. Que le docteur trouve un remède pour la calmer ! Et l’ingénieur s’esquive sans que le docteur Flache ait pu placer un mot. C’est à cette minute que la blonde Missia fait irruption. A son tour, elle submerge le docteur sous un torrent de paroles. Son mari est dans un tel état d’excitation nerveuse qu’il lui rend depuis un an la vie impossible. Que le docteur trouve un remède pour le calmer ! Et Missia se sauve à son tour. Cet homme et cette femme qui s’accusent mutuellement de folie ou de demi-folie, nous les ayons déjà rencontrés au premier acte de chacun sa vérité.
Sacha Guitry (Docteur Flache)
Lana Marconi (Missia)
Jacques Morel (Jean-Louis Cousinay)
Sophie Mallet (Mademoiselle Putifat)
Jeanne Fusier-Gir (Valentine)
La verve de M. Sadha Guitry s’assombrit. Il s’amusait au paradoxe, avec quelle aisance souriante ! Il s’amuse moins, il sourit peu, il moralise plus.
L’ingénieur Cousinet est convaincu que le cerveau de sa femme n’est pas normal et celle-ci en pense autant du sien. Chacun, de son côté, ils viennent consulter un psychanalyste encore lucide avant d’être passablement ramolli, qui ne voit rien j d’autre dans leur cas qu’une mutuelle incompréhension. Nous apprenions au troisième acte que, somme toute, après s’être adorés, ils ne s’aiment plus assez. Ils ne s’en sont pas aperçus parce qu’ils ont respecté la fidélité conjugale.
Il faudra que l’ingénieur Cousinet reçoive, aux lieu et place du psychanalyste, une jeune personne délicieusement équivoque et que Mme Cousinet découvre avec plaisir les timides avances d’un gentil diplomate pour que les deux époux parviennent à délabyrinther leurs sentiments. L’amour n’est pas chose simple, a dit Platon. Ils se sépareront. La routine du ménage ne convient qu’aux vulgaires ou à ceux qui veulent ignorer les richesses de la vie.
Ainsi pense M. Sacha Guitry.
L’auteur l’affirme, sur scène, avec la superbe autorité qu’on connaît à Facteur. Il est magistral et ses interprètes remarquables : Mmes Elvire Popesco, éblouissante et prolixe Mme Cousinet ; Jacqueline Delubac, joli garçon et troublante jeune fille ; Pauline Carton, l’infirmière ancienne folle qui reste doucement tinbriée ; MM. André Lefaur, le psychanalyste à la mémoire courte ; Jacques Erwin et Robert Seiller.
Paul Mannoni, La Liberté, le 5 novembre 1938