Fiche technique

Distribution
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Sacha Guitry (Tchong-Li)
Robert Casa (Mai-Mai J’en)
Roger Gaillard (Houan)
Emile Roques (Tong-ta)
Richard Francoeur (Chouang)
Louis Kelly (Ting-Tao)
Yvonne Printemps (Niao, femme de Tchong-Li)
Pauline Carton (Lao, mère de Niao)
Georges Lemaire (Pao-Ming)
Paul Dufreny (Sou)
Matie Francey (Kie-Ou)

Reprises
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1960, Comédie Française (Paris), mise en scène de Jean Meyer

Critique

Le Figaro, le 18 mars 1932
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Enfin, Le Voyage de Tchong Li est très pittoresque, ironique et poétique en ses dé cors chinois, si réussis. La musique de M. Beydts, pour laquelle Sacha Guitry esquissa cette fantaisie bigarrée et nonchalante, est ténue et déliée comme un sourcil d’estampe. Mme Yvonne Printemps la chante à ravir, avec sa si jolie voix, si libre, si fraîche, si séduisante. Elle s’est fait, sous une perruque de laque noire, le plus charmant des visages de Chinoise, et ses costumes sont épanouis de tons comme des fleurs. Tous les détails, comiques ou gracieux de ces tableaux colorés sont mis en valeur par les acteurs — déjà cités — et principalement par M. Sacha Guitry, très beau en Chinois amoureux... mais oublieux.

Il ne sait plus très bien ce que sa jeune épouse lui a demandé de lui rapporter de son voyage à Canton, sinon que cela avait rapport à la forme de la lune. La jolie Niao désirait un peigne en croissant ; mais, au moment où Tchong Li va chez les marchands, la lune est ronde. Il lui achète donc un miroir, nouveauté sans pareille ; jamais aucun miroir n’était alors arrivé jusqu’en Chine. Et Niao pleure en le recevant et en s’y mirant, croyant que son époux a ramené une rivale au logis, rivale trop jolie — et c’est elle-même. Alors, Pauline Carton, mère comique à souhait, s’y contemple à son tour et s’écrie : ’« Comment peux-tu t’affliger telle est si vieille et si laide ! » Quelle vengeance pour son gendre horripilé qui ne pouvait souffrir ses prétentions et ses teintures !

Cette fable aimable a beaucoup plu-et entre autres moments, l’incident du sommeil... Mais allez l’écouter. Vous n’y dormirez point comme Chouang et Ting Fao qui, dormant tour à tour, et respectant tour à tour leurs rêves réciproques, comme c’est l’usage en Chine, n’arrivent point à pouvoir se parler, bien que tout près l’un de l’autre. Et malgré cette loi du respect du sommeil, en face, le marchand Mai-Mai Jen ne peut jamais fermer l’œil à cause du bruit que font, dès l’aube, ses voisins, le forgeron et le batteur de cuivre. Et vous joindrez à leur tintamarre raconté, le bruit réel de vos plus reconnaissants et mérités applaudissement

Gérard d’Houville, Le Figaro, le 18 mars 1932