Fiche technique

Distribution
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Alibert (Paul)
Raymonde Allainl’impératrice Eugénie)
Arletty (une reine d’Abyssinie)
Guido Artini (le plat suivant)
Jean-Louis Barrault (Bonaparte)
Jacques Berlioz (Henri VIII)
Boucot (un mendiant, le postillon)
Robert Burnier (Hector, le roi Henri IV)
Pauline Carton (Mme Poche, la duchesse de Chevreuse)
Claude Dauphin (l’amant, le duc de Chambly)
Jacqueline Delubac (la femme, elle, la reine Marie Stuart)
Rosine Derean (une pomme de terre, une perle de la couronne)
Emile Drain (un client`, Napoléon 1er)
Violette Fleury (une pomme de terre, la servante, une perle de la couronne)
Madeleine Foujane (une pomme de terre, la reine Elisabeth)
Morton (Mr de Naze, le valet de chambre)
Sacha Guitry (M. Prd’homme, 2ème Monsieur, lui, François 1er)
Lilie Grandval (Amélie, la reine d’Angleterre, une perle de la couronne)
M. Helin (un mendiant)
Huberdeau (l’aubergiste)
Pierre Juvenet (le docteur)
André Lefaur (1er Monsieur, le mari)
Susy Leroy (une favorite, une perle de la couronne)
Georges Lemaire (un mendiant, le claqman)
Morton (la Brie)
Christiane Neeré (la petite marmite)
Marie-Claire Pissaro (une pomme de terre, une perle de la couronne)
Porges (le pape Clément VII)
J. Rivière (un mendiant)
Anny Rosane (une pomme de terre, la demoiselle de compagnie, une perle de la couronne)
Saint-Granier (le speaker, le présentateur)
Marcel SamsonCatherine de Médicis)
Robert Seller (le baron d’Agnot)
Barbara Shaw (la reine Elisabeth, une perle de la couronne)
Michel Simon (le 2ème pape Clément VII)
Thandat-Thiem (un domestique)

Critique

L’intransigeant du 10 juin 1937
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Ce soir, au profit de la caisse de secours des Hautes Études Commerciales, le Gala. Sacha Guitry fera, à coup sur, la plus belle recette que comporta depuis longtemps une soirée. Songez donc que les loges de l’immense salle du Théâtre des Champs-Élysées ne coûtent pas moins de vingt mille, les fauteuils mille francs.

Depuis des semaines, on répète cet immense spectacle, dont le texte, on le sait, est l’œuvre d’Albert Willemetz, Dorin, Cami, Tristan Bernard et Sacha lui-même. Depuis quelques jours, les coulisses du Théâtre de la Madeleine, où ont eu lieu les dernières séances de travail, ont vu 40 vedettes : Michel Simon, grimé en pape ; Serge Lifar, répétant le ballet de l’Aluminium ; Arthur Honeggçr, se préparant à conduire l’orchestre ; Victor Boucher, Arletty, Boucot, Robert Burnier, Pauline Carton, Chgrpini, Jacqueline Delubac, Saint-Granier, Parisys... Cécile Sorel, non point en marquise de Sévigné, mais en comtesse de Grignan, sa fille, et Sacha jouant vingt rôles très divers, devenant tour a. tour un concierge ou François 1er.

Une douzaine de grandes sociétés industrielles ont fait les frais de cette soirée au Théâtre des Champs-Élysées, dont la recette, comme les suivantes du reste au Théâtre de la Madeleine, ira aux bonnes œuvres.

Ce n’est plus un programme, c’est un livre de luxe, un ouvrage de bibliothèque, qui sera offert ce soir aux spectateurs du Gala du Commerce et de l’Industrie, un ouvrage qui a pour auteurs, Claude Farrère, Mac Orlan, Paul Reboux, Francis de Croisset, pour illustrateurs Guy Amoux, Dignimont, Jean Bruller, Cochet. Une moisson de curieux documents anciens présentés par M. Jean Selz et admirablement reproduits contribué encore à "l’habillage" vraiment somptueux du programme proprement dit de cette fête unique.

Et Sacha Guitry ? » dira-t-on. Sacha Guitry, maître d’œuvre de toute la fête, a collaboré à la rédaction du programme : il a donné deux spirituels quatrains de circonstance. Et au centre du volume — c’était justice — figure un magnifique portrait de lui, tiré sur une feuille d’or — c’était le moins qu’on pût faire.

L’impression du texte et des gravures a donné lieu à des recherches de typographie et de couleurs réservées ordinairement aux éditions à faible tirage. Et l’émulation a été telle entre les industriels et commerçants qui ont tenu a apporter leur contribution sous forme de pages de publicité que ces « annonces » formant, pour la plupart, une suite de réelles œuvres d’art, d’une surprenante originalité.

Alors que l’on déplore, à juste raison, la crise du livre d’art, qui connut naguère en France de si beaux jours, il est frappant de voir se déployer, a l’occasion d’une grande fête dé bienfaisance, tant de talents dont les circonstances économiques avaient rendu trop rare, la manifestation.

L’Intransigeant, le 16 juin 1937