Fiche technique

Distribution
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Sacha Guitry (Jean Larmandie)
Jacqueline Delubac (Geneviève Antonelli)
Pierre Larquey (un maître d’hotel)
Pauline Carton (la dame des lavabos)
Eddy Débray (Arthur de Montginet)
Francoeur (Henri Cohen)
Christian Gérard (Pierre Sarlabeau)
Marguerite Pierry (Marie Fournier)
Louis Allibert (Kiki de Keralouett)
Jacques Butin (André Véran)
Arlette Dubreuil (Bébé Michonnet)
Marcel Vallée (Achille Durand)
Yvette Darcy (Henriette de mai)
Simone Vincent (Adèle Weiss)
Amédée Berguet (Theophraste Boudevigne)
Saint-Paul (Francisque Vidalon)
Michel André (Marcel Henriez)
Robert Aubry (Léon Castagné)
Jacques Blanc (Adrien Blanc)
Juanita Lamoneda (Juanita)
José Comella (Pépito)
Feliciano Catelen (Carlos)
Marius Farrail (Olivera)
José Ingles (José)
Maria Catelen (Dolorès)
Robert Seller (le colonel Mallet)
Émile Roques (le capitaine Neveu)
Jean Sinoel (le général Foncier)

Critique

Le Menestrel, le 14 avril 1933
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Châteaux en Espagne, comédie en quatre actes de M. Sacha GUITRY. On sait que le théâtre de M. Sacha Guitry échappe à la critique ; que le public, sans attacher d’importance au sens, souvent inexistant, de la pièce, est d’avance disposé use divertir des fantaisistes improvisations et des spirituelles trouvailles de détail dont M. Sacha Guitry a le secret. A ce point de vue, Châteaux en Espagne est une de ses meilleures réussites. Les personnages y passent comme des silhouettes pour animer une suite de sketchs facétieux qui oscillent un peu au hasard, mais de la manière la plus amusante, entre le vaudeville et la farce d’atelier.

Une bonne humeur insouciante se dégage de cette succession de scènes, qui nous promènent : d’abord dans une grande soirée mondaine un peu languissante, que M. Sacha Guitry, sous lés traits du peintre Larmandie, vient amuser de sa verve, faisant, en quelques répliques, la conquête de la charmante Geneviève, dont son vieil ami Achille Durand se croyait possesseur ; puis dans l’atelier où le peintre brosse un décor de Carmen et où surgissent, d’une manière assez décousue, diverses aventures burlesques ; puis dans la véritable Espagne qui réalise la fausse Espagne du décor précédent ; puis de nouveau dans l’atelier, où se développent d’hilarantes histoires de duels, jusqu’au moment ou M. Sacha Guitry-Larmandie, sentant que le bonheur espagnol ne peut se prolonger avec une compagne de vingt ans plus jeune que lui, juge prudent de rompre, et repart seul à l’instant précis où on lui apprend que, de son côté, Geneviève se décommande.

C’est une pièce inconsistante, où il n’y a rien, sinon ce don de plaire, cette capricieuse aisance, cette fantaisie gamine et cette blague négligente qui valent à M. Sacha Guitry la fidélité de spectateurs dont la plupart le considèrent comme leur amuseur favori. L’auteur joue d’une manière inimitable le rôle principal, qu’il s’est fait sur mesure. MIle Jacqueline Delubac témoigne, dans Geneviève, d’un charme réel maisun peu effacé. Mme Marguerite Pierry anime de sa verve caricaturale, à laquelle le public est toujours sensible, le personnage cocasse d’une actrice engagée depuis, vingt ans pour doubler, dans de grands rôles, des titulaires qui ne sont jamais tombées malades, mais qui a été malade elle-même les deux seules fois où elle aurait pu jouer. M. Sinoel campe avec un entrain irrésistible l’impayable silhouette d’un général duelliste. M. Marcel Vallée est très amusant dans le personnage plantureux d’Achille Durand.

P. Saegel, Le Ménestrel, le 14 avril 1933