Fiche technique
Distribution
Yvonne Printemps (Sophie Arnould)
Sacha Guitry (Florian)
Marcel Simon (Monsieur Bertin)
Janie Clairjane (Toinette)
Roger Ludger (Jean Schwartzendorf)
Crée au théâtre de la Madeleine le 1er octobre 1931 (92 représentations du 1er octobre au 24 décembre 1931)
Sophie Arnould est allongée sur une chaise longue, dans la pose d’une Ariane désespérée. L’amant qu’elle aime, le comte de Lauraguais, vient de-l’abandonner. La cantatrice, dépitée, désolée, se refuse à reparaître à l’Opéra Elle s’est enfermée chez elle, à l’abri des indiscrets et des fâcheux. Le marquis de Preste, le directeur de l’Opéra, ont beau sonner à sa porte, ils sont éconduits. M. Bertin a payé les fortes dettes de la chanteuse. Il n y en est pas plus heureux pour cela. Sophie lui impose d’être son amant et de le taire, ou de ne l’être pas, et de crier partout qu’il l’est.
Yvonne Printemps (Sophie Arnould)
Sacha Guitry (Florian)
Marcel Simon (Monsieur Bertin)
Janie Clairjane (Toinette)
Roger Ludger (Jean Schwartzendorf)
M. Sacha Guitry nous réservait la surprise peut-être à la manière de Molière lorsqu’il brossait un divertissement — d’un chef-d’œuvre de grâce, de légèreté et d’esprit. C’est une aquarelle plus qu’une sculpture, dit M. Sacha Guitry. Peut-être, mais une aquarelle de maître. Un air de musique, quelques vers d’un poète, entendus par hasard et, sur la trame la’ plus ténue, M. Sacha Guitry brode la plus adorable romande. Ensuite, pour notre enchantement, paraît Mme Yvonne Printemps. En déshabillé flou de teintes pâles, elle se met à chanter de cette voix qui fait tant rêver : Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, Chagrin d’amour dure toute la vie...
Et les spectateurs subjugués ne se lèvent pas, insistent, trépignent, bissent et trisseraient si l’on n’éteignait les lumières. Voilà l’histoire : Sophie Arnould est inconsolable du départ de Lauraguais. Elle a renoncé au théâtre, trahi la tendresse que lui vouait le public. Personne ne peut la faire revenir sur sa décision. Sa porte demeure fermée. Après s’être cruellement moquée d’un vieil adorateur qui lui a payé ses dettes, elle reçoit pourtant Florian, le. seul homme qu’elle ait plaisir à voir. Leur conversation est éblouissante. Florian lui montre un petit poème. Survient un jeune accordeur. Il improvise sur le clavecin. Sophie Arnould se laisse prendre à la mélodie, 1 baptise son auteur Martini et, machinalement, chante les paroles de Florian, sur l’air du musicien. C’est tout et l’on a une impression de magie. Joué par M. Sacha Guitry et Mme Yvonne Printemps avec un art incomparable, après Faisons un rêve, ce petit acte fait courir tout Paris.
André David, Gringoire, le 16 octobre 1931