Trois images d’Épinal et une conclusion : Les trois, images sont brèves, comme il convenait : la première est une amusante parodie d’opéra, la seconde une comédie un tantinet, sentimentale, la troisième un mélodrame musical. Elles narrent assez simplement les trois phases capitales d’une liaison qu’aurait eue l’empereur Napoléon III avec une jeune cantatrice, Marielle Fleury, que personnifie le plus délicieusement du monde Mme Yvonne. Printemps. Il Semble bien, d’ailleurs, qu’il ne s’agisse là que d’un important prologue en trois : parties destiné à amener le quatrième acte qui est du meilleur, de l’excellent Sacha Guitry. Ici l’auteur que nous avons vu, précédemment sous les traits augustes et froids de Louis-Napoléon, a changé d’emploi. Il est devenu par sa grâce et son esprit, un journaliste d’une bonhomie très subtile et réjouissante au possible chargé d’interviewer une vénérable centenaire dont la mémoire a de charmantes, mais très compréhensibles défaillances.
Et c’est exquis d’ironie et d’habileté. AU.reste, un ouvrage de M. Sacha Guitry ne se raconte pas. Il vaut par mille riens, mille trouvailles qu’il faut entendre ou voir bien plus qué par sa trame, d’une légèreté maintes fois aérienne.
La partition de M. Oscar Strauss est bien honnête. Elle accompagne le plus souvent avec discrétion les boutades de M. Sacha Guitry. On sent que compositeur l’a écrite avec beaucoup de science et de soin. Les valses succèdent mélancoliquement aux valses. Mme Yvonne Printemps chante souvent. Et ceci fait oublier cela.
Le prélude du 4ème acte est cependant, assez ingénieux. C’est une manière de récapitulation de trois quart de siècle de musique qui-manque toutefois un peu de fantaisie. ! Ah si M Sacha Guitry était aussi compositeur !
Cette comédie musicale pour une fois, cette désignation est à peu près juste, est parfaitement interprétée. I1 faudrait répéter tout le bien qu’on a déjà dit de Mme Yvonne Printemps, toujours gracieuse, toujours adorable. M.Aquistapace possède une voix magnifique dont il sait se servir consciencieusement.
Mlles Jane Montange, Yvonne Gay, Renée Senac, Clara Dore, Marie Rocca ; MM Chanot, Remongin, Mélaivie, Jean Roca et le jeune Bonavia sont très bien. Quant à M. Sacha Guitry il est toujours lui-même : cynique,tendre, malicieux, irrésistible.
G.F. Moirinat, Le Gaulois, le 3 octobre 1928