Fiche technique

Distribution
carré

Jane Marnac Marguerite Desnoyers
Miss Campion Peggy Clarkson
Jeanne Loury Madame Massicaud
Malber Marie
Alice Dupray Joséphine
Lise Iris Julie Marne
Gladys Carlisle Une dame
Raimu Marie Desnoyers
André Lefaur Georges Clarkson
Pauley Monsieur Timinion
Koval Un chasseur
Batreau Le docteur Leclerc
Saint-Paul Monsieur Massicaud
Gaston Dupray Adrien Marne
Pierre Larquey Arthurv
Paul Edmond Un monsieur
Louis Sance Un valet
Max Moutia Ténor chantant
A.S. Williams Allan Smith

Critique

Le Menestrel, le 17 novembre 1922
carré

M. Sacha Guitry continue à être l’enfant gâté du succès. En voici encore un, très chaleureux, très complet, qui s’ajoute à tant d’autres et que, sans doute, beaucoup d’autres suivront encore.

Le sujet, comme toujours, est assez mince, et il fallut l’extraordinaire dextérité de l’auteur pour réussir à en tirer une pièce aussi plaisante : Marcel Desnoyers et sa femme Marguerite se querellent et se giflent, au moment même où Marcel quitte sa femme dans l’intention, aisément percée à jour, de rejoindre une petite amie. Marguerite jure de se venger en se donnant au premier venu, et elle convoque, rideaux clos, dans la chambre de l’hôtel où se passe la scène, un ténor américain qui donne un concert dans la salle voisine. Or, ce ténor est un nègre. Neuf mois plus tard, Marguerite met au monde... un négrillon, que Marcel change tout aussitôt contre un enfant blanc, à l’Assistance publique. Il décide de s’expliquer avec sa femme le jour même de ses retrouvaiilles et de divorcer sans délai ; mais il s’est attaché à l’enfant, il est gagné par l’amour vrai de Marguerite, dont l’attachement lui est demeuré inébranlable. Il ne se croit pas le droit de briser son bonheur en parlant...

Cette pièce, commencée en vaudeville, se termine en comédie d’une jolie sensibilité ; mais elle vaut surtout par l’esprit que l’auteur v répand à chaque réplique, avec une prodigalité stupéfiante. Après trois actes de fou rire, c’est toutefois une agréable détente que de pouvoir céder à une émotion doucement attendrie, et, à ce point de vue, le Blanc et le Noir représente, dans le théâtre de M. Sacha Guitry, un élément assez nouveau.

L’interprétation est hors de pair, avec MM. Raimu, Germain, Lefaur, Pauley, Mlle Jeanne Marnac et Miss Campton.

P. Saegel, Le Ménestrel, 17 novembre 1922