Fiche technique

Distribution
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Sacha Guitry (Georges Washington)
René Maupret (La Fayette)
H Campion (un journaliste, l’interviewer)
René Bizet (premier dessinateur)
Jean Barreyre (deuxième dessinateur)
Michel Gondoin (troisième dessinateur)
Beckwith Kirk (un invité)
Germaine Gallois (Lady Washington)
Jessie Ralph (une gouvernante)
Florence Mc Ardle (une invitée)

Critique

International Herald Tribune, le 13 mai 1930
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Il n’y a pas si longtemps au nouveau théâtre de Pigalle, Sacha Guitry complétait ses histoires via une pièce de France. ! Hier soir aux Champs-Elysées, il s’est plongé dans l’histoire des États-Unis. Son histoire ancienne. L’événement était de la nature d’une fanfaronnade au profit de l’établissement franco-américain de Belleville. Une phase américaine de charité que les Américains résidant à Paris soutiennent chaleureusement. Où Guitry nous raconte que Washington donnant une sorte de garden-party pour Lafayette a appris le français afin de pouvoir parler à son hôte de marque. Qu’il a insisté pour que tout le monde parle français cet après-midi-là. Qu’il emportait même avec lui un dictionnaire et qu’il étudiait plus ou moins furtivement au fur et à mesure qu’il prenait ses constitutions. C’était une révélation suffisante.

Pourtant, Guitry ne s’est pas arrêté là. Ses découvertes sont allées plus loin. Les serviteurs noirs du domaine pourraient Charleston !!! Il y a un "croyez-le ou non" pour les dessins animés de Ripley ! Et ce n’est pas tout. Les débuts de l’époque étaient aussi des jazzmen, si l’on en croit Guitry. Douze des beautés ont fait une "routine" après une chanson presque mammy, que Zeigfeld aurait dû voir. Ces mêmes jeunes filles ont fait un Paul Jones sur l’air de "dinde dans la paille" - je pense que c’est le titre - mais un paul jones à l’époque de Washington ne semble pas surprenant. La scène est la maison de Mt. Vernon. Les ténébreux dressant une somptueuse table chantent et dansent.

Un journaliste vient interviewer le général. Invités. Entre Lafayette. Un accueil. Présentations tout autour. Ensuite, ce que les cinéphiles appelaient "une présentation". Les beautés susmentionnées ; un violoncelliste garçon, qui, s’il était correctement explosé, pourrait devenir un artiste mondial ; deux danseurs classiques, un chef indien, Os-Ke-Non-Ton, à la voix puissante et au costume authentique. Et Yvonne Printemps ! Qui se mit à chanter en anglais et fut arrêté par un « En français » pointu de Guitry. Je ne serais pas autorisé à voir le Printemps. Elle me détruit. Elle me rend plus sentimental que d’habitude et c’est beaucoup trop.

Je veux crier et je veux lui lancer un bouquet dans lequel il y a un rubis caché. Mais, hélas, je suis de ceux qui freinent leurs pulsions. Et je n’ai pas de rubis. Vous souvenez-vous de la chanson « lettre » dans « Mozart » ? Laisse moi voir. Je l’ai entendu une vingtaine de fois. Ce drôle de nez retroussé, cette tournure curieuse de la tête, cette série de rires… ils me paniquent. Et quelles que soient les lacunes techniques. Messieurs les musiciens, ce Printemps a dans la voix, je le trouve beau. Donnez-moi un chœur d’une chanson à la cette divinité plutôt qu’un opéra chanté par la Jeritza. Oui, je suis ce genre.

Hier soir, elle a chanté une vieille chanson de Purcell. Qu’importe ce qu’elle chante ? Guitry en tant que Washington ressemblait à Washington en tant que Guitry dans les vêtements de Washington. Et quand Lafayette prit congé, Washington l’embrassa sur les deux joues. Cela aussi devient une note pour les historiens. Et que les historiens remarquent que Guitry ne s’est pas arrêté là. La scène change. On voit un paquebot dans un port français. Et sur la passerelle arrivent les soldats américains sur l’air de "Là-bas". Un peu comme si Washington faisait payer sa dette envers la France. En cela, une touche de gratitude.

Et il faut remercier Guitry d’avoir écrit la scène et d’y avoir joué. Aux États-Unis, nous n’avons pas de décorations pour des choses de ce genre. Guitry mérite une sorte de reconnaissance. Rappelez-vous, s’il vous plaît, que l’homme est au travail sur une revue qui ouvrira bientôt et sur une nouvelle pièce. La procédure habituelle pour des prestations de ce genre est de dire "Eh bien, je suis très occupé mais si vous me prévenez quelques jours à l’avance, j’essaierai de venir parler un morceau." Et puis un maître de cérémonie annonçant une longue série d’habits. Tu sais. Guitry a arrangé un orchestre de soixante personnes, une scène spécialement conçue, a écrit la pièce, répété les gens, joué dedans et nous a donné LA LA Mme Yvonne Printemps Guitry.

Et pendant que je pointe du doigt ces matières, qui me paraissent tout à fait remarquables, il faut en ajouter deux autres. C’était une association caritative américaine. Deuxièmement, Guitry aurait été tout à fait justifié de dire : "Ah, mais il y a des nôtres qui souffrent des inondations en ce moment et je dois les aider." Les dames qui ont parrainé les débats l’ont sans doute senti. En conséquence, via leur appréciation des faits et gestes de Guitry, ils organisèrent une vente aux enchères pour les inondés. Le maréchal Joffre et de nombreux autres notables de l’auditoire ont dédicacé un programme qui a été vendu. Le Maréchal reçut une grande ovation. La touche finale de Guitry fut sa contribution au manuscrit de la pièce – que nous étions trop pauvres pour acheter.

S. Jay Kaufman, International Herald Tribune, le 13 mars 1930