Fiche technique

Distribution
carré

Anita Boido (Suzanne, la luxure)
Anita de Caro (a 2ème élégante)
Armand Chantraine (Charles Lindbergh)
Brown ( le 1er élégant, Lord Crewe)
Campion (Myron Herrick)
César ( Aristide Briand, Pégase, le maire de New-York)
D’Hirlaux (2ème constructeur, 3ème homme)
Darbel (De Guerigny, Blériot, le vent, Améric Vespuce)
Darsac (e tonerre, Montgolfier)
De L’Hoste (e sommeil,l’orgueil, Becq de Fouquière, Icare)
Deschamps ( Raymond Poincaré)
Flamment ( le Maréchal Foch)
Gallois (la faim)
Gerald (une journaliste, la fatigue, l’avarice)
Germaine Kerjean (la peur, la colère)
Hamilthon (Chatillon)
Hayward (Florence Madison )
Henri (Edouard Herriot)
Husson (e commissaire, Gaiffier d’Estray)
Irène Miller (Mrs Madison, la 1ère élégante)
Leeming (1er constructeur)
Lemay (1ère femme )
Leroux ( Gaston Doumergue)
Louis Gauthier (e comte de Keraven, l’océan, Christophe Collomb)
Lureau (la pluie, l’envie)
M. Campion (e policeman)
Madeleine Vasty (la brume)
Marthe Gravil (la duchesse, la nuit, la paresse)
Martin (un journaliste)
Michel (un domestique)
Mistingett (Miss marguett)
Orly (la soif)
Pagès (sa jeunesse)
Paul Villé (Jean Montesson)
Pierre Pradier (Fernand)
Riri Boucher (la gourmandise)
Roger Noël (2ème homme, un domestique)
Roger Tréville (François)
Saîto ( l’ambassadeur du Japon)
Thelma Lemoal (2ème boy)
Tristan (Gabrielle de Pailleray)
Vigneau (le froid, l’huissier)
Willenchick (le 2ème élégant, Leygues)
Zehr (Paul Painlevé, le 1er homme)
Treville (Philéas Fogg)

Critique

Excelsior, le 30 novembre 1928
carré

Un admirable spectacle, sur une belle idée. Le succès sera grand. Sacha Guitry a réalisé le tour de force d’écrire une pièce qui participe à la fois de la féerie (le Châtelet de jadis) et du drame d’aventures (le Châtelet d’hier) et qui toute de même reste actuel. Est-ce une pièce ? Il semble bien que M. Sacha Guitry ait eu l’intention d’en écrire une, au premier acte, en greffant sur l’histoire de Lindbergh, que l’on connaît, une anecdote sentimentale, en marge. Pendant que Lindbergh s’apprête à traverser l’Océan, un vieux gentilhomme français, xénophobe, refuse de donner son consentement au mariage de son fils avec une jeune Américaine. Mais, devant le triomphe de Lindbergh, le père s’avoue vaincu.

Ensuite nous n’entendrons plus parler de ces héros qui nous intéressaient d’ailleurs beaucoup moins que le héros. Lindbergh réussira son formidable exploit, malgré la conjuration des éléments déchaînés, la brume, le vent, la Pluie, groupés autour du dieu Océan.Et il réussira à rester, dans le succès, le chevalier sans peur et sa s reproche, malgré l’assaut perfide que vont lui livrer les sept péchés capitaux : orgueil, envie, colère, luxure, etc. Aussi entrera-t-il Rivant dans l’immortalité où il retrouvera tous les grands découvreurs des mondes, assemblés autour de Christophe Colomb. Le spectacle, en lui-même, est considérable. Et dans le Châtelet rajeuni, repeint, tout battant, neuf, les clous de la mise en scène y feront courir petites et grandes personnes. Il y a le départ de Lindbergh, sa traversée au-dessus de l’Océan — tableau magnifique qui dépasse tout ce qu’on a vil au cinéma — puis son arrivée au Bourget.

Il y a la réception à l’Élysée où l’on voit défiler le président de la République, les ministres, et la soirée donnée en l’honneur de Lindbergh à laquelle prêtent leur concours Mistinguette et Grock (ce sont d’habiles imitateurs), il y a le retour de Lindbergh à New-York, un précis Broadway, illuminé et joyeux. Il y a des ballets admirables, une danseuse prodigieuse, Mlle Lola Menzola, des décors magnifiques. Il v a surtout, toujours présent, Sacha Guitry, son esprit, sa grâce, son ironie qui s’épanouissent dans un dialogue, tantôt en prose, tantôt en vers, de la plus jolie qualité.

Le sosie de Lindbergh s’appelle M. Chantraine. Il lui ressemble d’une façon impressionnante et il n’a pas l’air d’un acteur. Citer les trente ou quarante acteurs en tête desquels nous avons remarqué MM. Louis Gauthier, Villé, Hamilton. Pierre Pradier, Miss Hayward, ce serait trop long. Et il faudrait complimenter aussi les danseuses du corps de ballet, les étoiles de la troupe enfantine, oui, toutes, ont contribué au succès.

Charles Méré, Excelsior, le 30 novembre 1928