Fiche technique

Distribution
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Sacha Guitry : Lui
Raimu : Le mari
Charlotte Lysès : Elle
Georges Barral : Le valet de chambre

Reprises
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Théâtre du Vaudeville - Paris - 1918
Théâtre Édouard VII - Paris - 1921
Théâtre de la Madeleine - Paris - 1931
Théâtre des Variétés - Paris - 1957
Théâtre de l’Athénée - Paris - 1981
Théâtre Saint-Georges - Paris - 1986
Théâtre Édouard VII - Paris - Du 9 septembre 2008 au 30 mars 2009

Critique

L’Excelsior, le 4 octobre 1916
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Faisons un rêve " est une charmante réalité Je ne connais pas d’auteur plus heureux que M. Sacha Guitry. Il n’a besoin que d’être lui-même pour réaliser des choses exquises. Il n’amuse pas, il s’amuse ; le reste suit logiquement. Son talent est fait de sa bonne humeur. C’est un précipité d’observation fine, d’indulgence souriante, de philosophie nuancée. Il a les interprètes de son choix. Il connaît chacune de ses ressources, et son jeu est si sobre, si plein de vérité que les gestes ne font rien de mieux, rien de plus, bien souvent, que de prolonger la vie sur la scène. C’est son naturel et son esprit quotidiens qu’il offre généreusement.

« Faisons un rêve » est une aventure ; une aventure de quarante-huit heures qui pourrait être telle de toute une vie. C’est un accrue dans une existance féminine, mais il est de ces déchirures qui vous font juger de la qualité d’une étoffe » C’est un accident, un rien, mais qui révèle tout l’esprît d’un homme et laisse voir, en profondeur, un peu de l’ame sentimentale d’une femme. C’est l’histoire d’une visite, d’une soirée et d’une nuit ; une petite chose, mais avec un mode d’expression si abondant que l’auteur en a nourri quatre actes sans une longueur. Quatre actes avec trois personnages, ce serait déjà un tour de force. Mais le troisième personnage est purement épisodique ; mais le second acte laisse M. Sacha Guitry tout seul avec le publie et le dernier est tout entier occupé par Mme Charlotte Lysès.

C’est une gageure, et l’auteur, l’acteur, son interprète la gagnent avec une si parfaite élégance que la salle fait succéder les ovations aux applaudissements. Comme dans tout le théâtre de M. Sacha Guitry, il y a là le rire, la boutade avec la philosophie en dessous qui la caractérise, l’observation juste, le mot qui s’ouvre comme un piège sur les sentiments les plus vrais, la joie rapide enfin qui permet de découvrir les horizons de la tristesse, et cela obtient comme à l’ordinaire un très joli succès. Le troisième rôle a été tenu par M. Raimu qui s’est montre excellent.

P. Boissie, Excelsior, le 4 octobre 1916