Fiche technique

Distribution
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Jean-Gaspard Deburau : Sacha Guitry
Charles Deburau, son fils : Hiéronimus
Monsieur Bertrand, directeur du théâtre des Funambules : Candé
Armand Duval : Marcel de Garcin
Un docteur : Gildès
Un journaliste : Ebène
Le machiniste : Max Morana
L’aboyeur des funambules : Félix Galipaux
Marie Duplessis : Yvonne Printemps
Madame Rabouin, marchande à la toilette : Rosine Maurel
Une dame : Alys Delonde
Une femme de chambre : Marthe Rienzi
La caissière du théâtre des Funambules : G. de Gaultret
Robillard : Baron fils
Laurent : Louvigny
Laplace : Fernal
Clément : Barral, Théophile Baillon dit Barral
Justine : Jeanne Fusier
Madame Rébard : Marguerite Favrel
Clara : Régine Félyane
Honorine : C.Ducarre

Reprises
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1918, Deburau de Sacha Guitry
1918, Deburau de Sacha Guitry mise en scène Georges Pitoëff
1941, Deburau de Sacha Guitry mise en scène Maurice Jacquelin
1950, Deburau de Sacha Guitry mise en scène Sacha Guitry
1980, Deburau de Sacha Guitry mise en scène Jacques Rosny

Critique

L’Oeuvre, le 10 février 1918
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Au Vaudeville — M. Sacha. Guitry vient de faire représenter une pièce qui est
sans doute l’a meilleure qu’il ait écrite jusqu’à ce jour. Elle n’est pas sans défaut, mais elle laisse apercevoir une sensibilité que l’auteur nous avait cachée auparavant... Le procédé de travail s’y montre résolument. Sacha Guitry ne cherche jamais un sujet de pièce, mais quand un événement traversé sa vie ou la vie de ceux qui l’approchent, il en tire aussitôt les éléments dramatiques ou comiques, les lie par un fil ténu, les situe dans le présent ou le passé selon son humeur et cherche à peine à dissimuler sa personnalité derrière son personnage.

Le scénario de cette nouvelle comédie est très curieux à étudier. Le personnage de Deburau se dédouble. Pendant la première partie, Deburau explique qu’une jeune femme, Marie Duplessis, seize ans a passé dans sa vie conjugale, et que cet amour printanier l’a obligé à tout
quitter pour n’aimer que la Dame aux Camélias. Il se justifie, il se raconte, fait le procès de l’épouse qu’il a quittée, plaide et tente de convaincre ceux qui l’entendent.

Il y parvient presque, d’autant mieux qu’il ne donne pas la parole à celle qu’il
a lâchée et qui, sans doute, aurait aussi quelque chose à dire. Deburau est d’un égoïsme vraisemblable et cruel, mais si humain ! Marie Duplessis est séduisante... C’est la vie !

Mais a ce moment l’aventure qui semble continuer 6e décolle. Le mime vieilli
souffre a cause de cette jeune femme qui l’a trompé. Et voici, exposée sans indulgence, la vieillesse d’un grand artiste que l’auteur montre envieux et aigri, torturé par une passion sénile au point d’en arriver à jalouser le jeune talent de son fils Et l’on sent alors que l’auteur aime d’une tendresse singulière le fils de Deburau, - qui a autant de talent que son père, et la jeunesse en plus. Deburau fut-il bien le héros de ces aventures ? Qu’importe ?

Sacha Guitry, en le présentant, lui donne la vie ; il le dessine en traits d’autant plus nets qu’ils ne cherchent pas à être flatteurs. Il ne dissimule pas les faiblesses morales de son personnage et ne montre pas plus d’indulgence pour ceux ou celles qui l’entourent ; ce mélange de sentimentalité et de sécheresse, de tendresse et de rancune, de mélancolie et de gaieté ne nuit pas à l’agrément ni à la tenue d’une pièce qui a été accueillie avec la même faveur que les précédentes.

Ce qui noue gêne pour aimer de telles œuvres sans arrière-pensée, c’est de les deviner trop a de circonstance ». L’on imagine aisément que l’auteur aurait présenté un bout autre Deburau, si d’autres événements avaient traversé sa propre vie.

Sacha Guitry joue son personnage avec une autorité merveilleuse et il faut féliciter l’auteur d’avoir un tel interprète, pour collaborer à son œuvre. Mlle Yvonne Printemps est hésitante et fragile, MM. Galimaux, Candé, Louvigny, de Garcin, Mmes Rosine Maurel et Jeanne Fusier ont été très justement applaudis.

L’Auxi, l’Oeuvre, le 10 février 1918