Fiche technique

Distribution
carré

Gaston Rey (le roi Henri IV)
Claudy Chapeland (Louis XIII enfant)
Louis Arbessier (Louis XIII adulte)
Maurice Tillier (le cardinal de Richelieu)
Christian Casadesus (Philibert Le Roy)
Victor Vina (André Le Nôtre)
Jean-Louis Allibert (Le Vau)
Samson Fainsilber (le cardinal Mazarin)
Dominique Viriot (Louis XIV enfant - non crédité)
Georges Marchal (Louis XIV (jeune))
Yves Deniaud (paysan)
Tino Rossi (un gondolier)
Germaine Rouer (Mlle Molière interprétant Elmire)
Jean Chevrier (Turenne)
Gérard Philipe (D’Artagnan)
Jeanne Boitel (Madame de Sévigné)
Nicole Courcel (Madame de Chalis)
Fernand Gravey (Molière)
Liliane Bert (Armande Béjart)
Nicole Maurey (Mlle de Fontanges)
Giselle Pascal (Louise de La Vallière)
Claudette Colbert (Madame de Montespan)
Maurice Teynac (Monsieur de Montespan)
Mary Marquet (Madame de Maintenon)
Martine Alexis (Madame de Nouchy)
Pauline Carton (la Voisin)
Sacha Guitry (Louis XIV (plus âgé) (et, dans la version française, le narrateur))
Jacques François (le duc de Saint-Simon)
Jean-Louis Barrault (Fénelon)
Georges Chamarat (Jean de La Fontaine)
Jean Murat (Louvois)
Constant Rémy (La Reynie)
Jacques Varennes (Colbert)
Claude Nollier (Comtesse Olympe de Soissons)
Jean Richard (Du Croisy interprétant le rôle de Tartuffe)
Anne Carrère (Madame de Chamarat)
Jany Castel (Marie-Thérèse d’Espagne, épouse de Louis XIV)
André Chanu (Duc de Noailles)
René Charles (un seigneur)
France Delahalle (une dame de la Cour)
Jacques Derives (un seigneur)
Alain Durthal (Bontemps)
Cécile Eddy (Madame de Frépons)
Lucienne Granier (Madame de Senlis)
Marcel Journet (Monsieur de Beydts)
Pierre Lord (Mansart)
Jacques Maffioly (Monsieur de Puiset)
Marie Mansart (Madame de Kerlor)
Olivier Mathot (Boileau)
Gilles Quéant (Racine)
André Reybaz (Massillon)
Daniel Gélin (Jean Collinet)
Pierre Would (Vauban)
Brigitte Bardot (Mlle de Rosille)
Danièle Delorme (Louison Chabray)
Jean Marais (Louis XV)
Michel Auclair (Jacques Damiens, fils de Robert François Damiens)
Jean Desailly (Marivaux)
Micheline Presle (Madame de Pompadour)
Jean-Pierre Aumont (le cardinal de Rohan)
Gino Cervi (Cagliostro)
Jean-Claude Pascal (Axel de Fersen)
Gaby Morlay (la comtesse de la Motte)
Gilbert Bokanowski (Louis XVI)
Lana Marconi (Marie-Antoinette / Nicole Legay)
Marie Sabouret (Marie-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe)
Orson Welles (Benjamin Franklin (et, dans les versions anglophones, le narrateur))
Louis Seigner (Lavoisier)
Charles Vanel (M. de Vergennes)
Édith Piaf (la femme du peuple qui chante Ah ! ça ira)
Howard Vernon (l’acheteur anglais)
Raymond Souplex (le commissaire-priseur)
Philippe Richard (le roi Louis-Philippe Ier)
Jean Tissier (un gardien de musée)
Pierre Larquey (un gardien de musée)
Bourvil (un gardien de musée)
Annie Cordy (Mme Langlois)
Aimé Clariond (Rivarol)
Jacques Berthier (Robespierre)
Renée Devillers (Mme Campan)
Jeanne Fusier-Gir (une révolutionnaire)
Paul Azaïs (un révolutionnaire)
Lily Baron (Madame de Balto)
Roland Bourdin (Fragonard)
Paul Colline (un visiteur)
Jean-Jacques Delbo (comte de La Motte)
Bernard Dhéran (Beaumarchais)
Émile Drain (Napoléon Ier)
Albert Duvaleix (un acheteur)
Robert Favart (Monsieur de Carlène)
Tania Fédor (la reine Marie Leszczyńska)
Jacques de Féraudy (Voltaire)
Roger Gaillard (D’Alembert)
Gilbert Gil (Jean-Jacques Rousseau)
Robert Hommet (comte de Langeais)
Jean Lanier (Diderot)
Jacques Morel (Böhmer)
Lucien Nat (Montesquieu)
Fernand René (le citoyen-poète)
Vanna Urbino (le médium)
Paul Villé (Machault d’Arnouville)
René Worms (Bassenge)
Charles Bayard (un diplomate)
Clément Duhour (un révolutionnaire)
Jean Ozenne (un seigneur)
Georges Bever (un visiteur)
Léon Walther (un ecclésiastique)
Roger Vincent (Robert de Cotte)
Guy Tréjan (Marc Rétaux de Villette)
Jean Danet (le maréchal de Boufflers)
René Berthier (Le Gall)
Catherine Brieux (une dame de la Cour)
Henri Coutet (un révolutionnaire)
Guy Favières|)
Marie Francey (une dame de la Cour)
Bob Ingarao (un révolutionnaire)
Françoise Jacquier (une révolutionnaire)
Yvonne Legeay (une femme du peuple)
Fabienne May (une dame de la Cour)
Michel Nastorg (un valet)
Chantal Retz (une dame de la Cour)
Jean-Marie Robain (d’Argenson)
Véronique Silver (une dame de la cour)
Georges Tat|)
Gauthier Leroy (un seigneur sous Louis XV)
Constant Lafarge (un seigneur)
Marc de Nowski (un seigneur)
Jane Chambranle (une dame de la Cour)
Lucie Lapoutre (une femme du peuple)
Marcelle Capdebielle|)
Yvonne Claudie|)
Pierre Collet|)
Gérard Delmar|)
Gabrielle Doulcet|)
Bernard Henry|)
Germaine Hornung|)
Albert Lanciers|)
Ségolène Ledoux|)
J. Lequesne|)
Ivane Lermat|)
Servane Mailly|)
Mireille Marsan|)
Mlle Mirza|)
Mme de Morlaix|)
Marcelle Ravier|)
Nicole Réaumur|)
Pierre Risch|)
Sophie Silva|)
Antoinette Thorigny|)
France Delahalle|)
Jacques Verlier|)
Marcel Pignol (un visiteur)
Henri Belly|)
Frédéric Rossif (un homme du peuple)
Hubert Noël (un jeune seigneur)
Alex Archambault (Léonard)
Jacqueline Maillan (une visiteuse)

Production
carré

Réalisé par (Sacha Guitry)
Sociétés de production (Cocinex, CLM - Société de Production de Films de Long et Court Métrage)
Producteur (Clément Duhour)
Directeur de production (Gilbert Bokanowski)
Distributeur (Cocinor - Comptoir Cinématographique du Nord)
Genre (Aventures historiques)
Durée (02:40:00)
Année de production (1953)
Pays de production (France)
Réalisateur (Sacha Guitry)
Scénariste (Sacha Guitry)
Dialoguiste (Sacha Guitry)
Musique originale (Jean Françaix)
Assistant réalisateur (François Gir, Gérard Renateau, Francine Corteggiani, Michel de Bonnay)
Scripte (Francine Corteggiani)
Directeur de la photographie (Pierre Montazel)
Directeur artistique (René Renoux)
Créateur des costumes (Maggy Rouff, Alex Papin, Monique Dunan)
Chef monteur (Raymond Lamy)
Ingénieur du son (Joseph de Bretagne)

Critique

Combat, le 11 février 1954
carré

L’histoire du château de Versailles et de ceux qui le tirent et l’habitèrent, celle de la France en même temps, sur le mode anecdotique, telle que Sacha Guitry la conçoit et l’exploite depuis un quart de siècle.

M. GUITRY, Sacha, fils de Lu cien, a le sens de la somptuosité théâtrale. En un tournemain et trois heures de spectacle, il vous fait d’un palais unique au monde une sorte de vaste salon reconstitué sur une de ses scènes où son sang circule mieux que dans la réalité. Sacha Guitry est obsédé de n’être pas un grand seigneur, et une bonne partie de sa vie rut consacrée à interpréter les grands en leur prêtant ses mots et, l’autre partie, à jouer au grand pour son entourage, ses miroirs et lui-même.

celui du voyageur imprudent de Bar- javel qui voguerait à travers le temps pour en modifier le cours à sa guise. En arrivant au bout de ce long, papillotant et somptueux périple, on éprouvé une surprise, c’est qu’à travers tant d’événements petits qu’il fait grands, et tant de grands, vus par leurs petits côtés, il n’ait pas interverti l’ordre des facteurs, que la Révolution ait eu lieu quand même, que Mlle de Lamb^He n’ait pas épousé le père de Napoléon. Ce qui témoigne quand même d’une certaine conscience.

Résultat : s’il semble en scène lorsqu’on le rencontre dans la vie, il est lui-même dans l’univers factice du théâtre. Tout ceci peut constituer des variations abusives pour un spectacle où Sacha Guitry apparaît furtivement dans le personnage, important il est vrai, de Louis XIV vieillissant, mais c’est qu’il est partout, dans tous les mots, ans tous les visages, dans tous les décors, il parle à la place des autres.

C’est bien à cause de lui que les murs, les parcs, le ciel et les vasques paraissent peints, fabriqués en staff, rendus à l’éphémère, à l’instant même où il est question d’en saluer l’éternité. M. Guitry est un magicien, il escamote la grandeur pour la mettre à sa taille, il réinvente l’histoire pour produire de petits courts-circuits qui l’auraient amusé. S’il est un personnage qu’il doit rêver d’incarner un jour, mais dans la réalité, c’est certainement celui d’un voyageur imprudent de Barjavel qui voguerait à travers le emps pour en modifier le cours à sa guise.

En arrivant au bout de ce long, papillotant et somptueux périple, on éprouve une surprise, c’est qu’à travers tant d’événements petits qu’il fait grand, et tant de grands, vus par leurs petits côtés, il n’ait pas interverti l’ordre des facteurs que la Révolution ait eu lieu quand même, que Mlle de Lamballe n’ait pas épousé le père de Napoléon. Ce qui témoigne quand même d’’une certaine conscience.

Quant à la débauche de vedettes, apparente simplicité, elle témoigne d’une astuce de vieux renard. En pareille galerie, son propre effacement passe inaperçu, et Charles Vanel a visage de comparse et Molière de figurant. Il est de joyeux moments quand Tino Rossi, gondolier d’occasion, manie sa rame comme une pagaie ; quand les encyclopédistes ne laissent >as parler Rousseau ; quand Damien ils sont son petit canif ; quand Mme Piaf chante le c Ça ira », accrochée aux grilles du Palais, dans une scène que Renoir avait filmée exactement semblable jusqu’au cadrage avec Damia.

Qu’importe ! Versailles est un peu éternel ; Versailles est photogénique ; certains moments sont admirables, même si, d’autres évoquent de merveilleux chromos, car on ne fut pas chiche de couleurs.

Il y a là-dedans un côté odieux, irritant, un mauvais gout déguisé en dentelle, mais un sens de l’effet, une allure Châtelet, qui ne messied pas. J’imagine qu’à Versailles, côté sérieux, on se soit pas très content, mais on sera tellement ravi chez les Zoulous, les Américains et dans certains milieux bourgeois et décadents musipontains.

R.M. Arlaud, Combat, le 11 février 1954