Fiche technique

Distribution
carré

Sacha Guitry (Philippe de Morannes, rédacteur en chef d’un grand journal parisien)
Gaby Morlay (Paulette Nanteuil, comédienne célèbre du théâtre du Gymnase et maîtresse de Philippe)
Jacqueline Delubac (Claudine André, chroniqueuse, amie de Paulette)
Georges Grey (Carl Erickson, vedette d’Hollywood de passage à Paris)
Pauline Carton (la femme de chambre de l’hôtel)
Marguerite Templey (Madame de Germont)
Louis Vonelly (le chef de réception)
Pierre Huchet (un valet de chambre)
Georges Vitry (le médecin)
Louis Baldy (Durmel)
Julien Rivière (le maître d’hôtel)
Marc Hélin (le chasseur)
Paul Alex (le concierge)
Georges Lemaire (le régisseur)

Production
carré

Réalisation (Sacha Guitry)
Scénario et dialogues (Sacha Guitry)
Images (Charlie Bauer et Robert Lefebvre)
Son (Antoine Archimbaud)
Musique (Adolphe Borchard, interprétée par Ray Ventura)
Décors (Jean Perrier)
Montage (Myriam)
Société de production (Les Films modernes (Émile Natan))
Société de distribution (Télédis)
Format (Son mono (RCA Photophone) - Noir et blanc - 35 mm - 1,37:1)
Pays de production (France)
Genre (Comédie sentimentale)
Durée (01:49:00)
Production (Joseph Spigler Emile Natan Les Films Modernes)
Année de production (1937)
Date de sortie en salle (29 janvier 1938)

Critique

Le Jour, le 6 février 1938
carré

Après tout, nous aurons un théâtre illustré de M. Sacha Guitry. L’illustration y est exacte et ne se déforme point à notre imagination comme certains dessins puisque ce sont les acteurs eux-mêmes que nous apercevons sur la page. Nous écouterons donc Quadrille, comme au théâtre. Mais le cinéma n’est pas du théâtre il nous laisse, si l’image ne nous entraîne pas, un peu plus de sang-froid. Nous jugeons mieux sans la chaleur de la scène. Ici nous prêterons l’oreille, notre attention moins distraite par le bruit des pas, des respirations, des chaises, des meubles remués, par les bruits de la vie et de l’atmosphère, de la vie qu’apporte le théâtre. Le cinéma parlant a encore de grands silences.
Et alors, je conseille aux jeunes auteurs dramatiques d’aller écouter ce dialogue de M. Sacha Guitry.

Ils y apprendront, sans difficulté, comment on donne le mouvement à une action, comment on fait rire, comment certains mots sont mis pour amener facilement la gaieté, qui permettra ainsi à des pensées profondes ou à des réflexions rares d’être écoutées gaiement.
Quadrille emprunte son sujet à notre théâtre classique comique. Un homme est berné par sa femme. Ce thème, notre théâtre en a vécu, et le monde entier a admiré notre théâtre. Mais ici La Jalousie du Barbouillé se traduit d’une manière moins bénévole et sans surprise. Pendant toute une nuit, il médite et se console, et je pense qu’après ces méditations il ne songe qu’à se |venger : même s’il faut pour cela épouser l’infidèle ! La vie se charge d’arranger mieux les choses, elle a bien plus de raison que le cœur. Et la femme s’en ira vers qui l’aime et qui elle aime ; et l’homme se mariera avec une bien jolie personne. Ils auront fait une figure de quadrille.

C’est un délice de voir jouer Gaby Morlay dans un rôle qui lui plaît ! Avec de tout petits gestes des soupirs, des ébouriffements d’oiseau qui craint la pluie, elle décrit un personnage. Ici il est enfantin et artificiel et tout y est décrit ! C’est d’un art exquis miroitant. Mlle Jacqueline Delubac, est l’autre danseuse du quadrille. Elle a le beau visage un peu ambigu et ravissant qui convient à cette personne qui trahit avec une délicieuse perfidie son amie. Georges Grey pourra bientôt devenir un vrai jeune premier d’Hollyood. M. Sacha Guitry est le maître de l’œuvre. Lui seul peut donner toutes les nuances à son rôle qui sont ses nuances de pensées.

Jean Barrecrue, Le Jour, le 6 février 1938