Fiche technique

Distribution
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 Histoire centrale
Pierre Brasseur (Pierre Carreau, l’auteur célèbre)
Louis de Funès (Maître Stéphane, le notaire de Pierre Carreau)
Christian Duvaleix (Jean Pommier, le généalogiste)
Jacques Jouanneau (Michel Santis, l’autre généalogiste)
Jean Tissier (Arthur Vattier, le directeur du théâtre)
Gilbert Bokanowski (Roland Sauvage, l’éditeur)
Max Montavon (Mr Lecomte, le secrétaire de Mr Carreau)
Sylvie Rameau (Mme Sauvage, la femme de l’éditeur)
Pauline Carton (Mme Vattier, la femme du directeur)

 Prologue (premier couple)

Jean Richard (André Le Lorrain)
Jane Marken (Mme Fourneau, la belle-mère d’André)
Dominique Varennes2 (La femme d’André)

L’illusionniste et le valet (deuxième couple)

Actrice-Acteur (Personnage)
Jean Marais (Teddy Brooks, l’illusionniste)
Lilli Palmer (Odette de Starenberg, l’amie du ministre)
Gérard Philipe (Désiré, le nouveau valet d’Odette)
Mathilde Casadesus (Adèle, la cuisinière d’Odette)
Marie Daems (Madeleine, la camériste d’Odette)
Jacques Morel (Claude Montignac, le ministre)
Anne Carrère (La comtesse Diepchinska, l’ancienne patronne de Désiré)
Lucien Callamand (Un ami de Montignac)
Mathé Altéry (voix de la chanson La Vie à deux)

 Belote (troisième couple)
Danielle Darrieux (Monique Lebeaut, femme courtisée par Thierry Raval)
Robert Lamoureux (Thierry Raval, l’amant de Monique)
Pierre Mondy (Mr Lebeaut, le mari de Monique)

 Le bébé (quatrième couple)
Sophie Desmarets (Marguerite Caboufigue, la femme de Marcel, qui accouche d’un bébé noir)
Fernandel (Marcel Caboufigue, le mari de Marguerite, représentant en automobile)
Madeleine Lebeau (Peggy, la femme de Georges)
Robert Manuel (Georges, le mari de Peggy, ami du couple Caboufigue)
Palmyre Levasseur (Marie, la bonne des Caboufigue)
Raoul Marco (Le docteur Leclerc, l’accoucheur)

 La mort de Carreau (cinquième couple)
Edwige Feuillère (Françoise Sellier, ex-Carreau)
Ivan Desny (Michel Sellier, le mari de Françoise)
Jacques Dumesnil (Le docteur Henri Girane, qui soigne Pierre Carreau)
Maria Mauban (La religieuse qui veille Pierre Carreau)
Jean Degrave (Le valet de chambre des Sellier)
Lucien Raimbourg (Un homme attablé au restaurant qui dit qu’il est « contre les femmes »)
Yvonne Hebert (Une dîneuse)
Georges Spanelly (Un dîneur)
Roger Lécuyer (Un dîneur)
Marius Gaidon (Un serveur)
Maurice Brutus
Pierre Laforet
Del Rocchio
Pierre Larquey (Anselme)

Production
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Réalisateur (Clément Duhour)
Scénariste (Sacha Guitry)
Dialoguiste (Sacha Guitry)
Musique originale (Hubert Rostaing)
Assistant réalisateur (Jacques Poitrenaud, Henri Bérard)
Scripte (Francine Corteggiani)
Directeur de la photographie (Robert Le Febvre)
Cadreur (Roger Delpuech)
Directeur artistique (Raymond Gabutti)
Chef monteur (Paulette Robert)
Ingénieur du son (Joseph de Bretagne)
Studio (Studios de Billancourt)
Société de production (C.LM.)
Producteur (Clément Duhour)
Directeur de production (Gilbert Bokanowski)
Durée (01:48:00)
Année de production (1958)
Date de sortie en salle (24 septembre 1958)
Pays de production (France)

Critique

Combat, le 24 septembre 1958
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C’est dans une tout autre ambiance qu’évolue La vie à deux (productions C.L.M. distribuée par Cocinor, mise en scène par Clément Duhour. Dans La vie à deux, qui vient de sortir au Richelieu, Madeleine, Berlitz, Gaumont - Palace, noua voyons un écrivain (Pierre Brasseur) sur son lit de mort, charger deux généalogistes d’aller constater si les personnages dont il s’est inspiré pour son livre La vie à deux, ont su garder leur bonheur, c’est-à-dire rester fidèles, et s’ils méritent qu’il leur lègue sa fortune. Devant l’écho de cette recherche, c’est au public qu’il donne son œuvre. Limage la plus saisissante et la plus émouvante de La vie à deux est celle où Sacha Guitry, à l’agonie apparaît sous les traits de Pierre Brasseur, qui s’est « fait sa tête » et a essayé d’adopter certaines intonations de sa voix.

De nombreuses vedettes — suivant le procédé habituel des films de Sacha Guitry : Edwige Feuillère, Danielle Darrieux, Lili Palmer, Sophie Desmarets, Gérard Philipe, Fernandel, Jean Marais, Jean Richard, Robert Lamoureux, Jacques Dumesnil, pour n’en citer que quelques - uns, animent ces sketches, variations sur le thème de l’infidélité. Au hasard, de l’intimité des ménages à trois dévoilés, nous voyons réapparaître de personnages que la scène et l’écran popularisèrent : Désiré, le valet de chambre volcanique, le fakir illusionniste, le thème de : Le blanc et le noir où vient au monde, dans un ménage, au grand dam du mari, un bébé de couleur.

Cependant, ces marivaudages extraconjugaux, dont La vie à deux se compose, ne sont qu’un des aspects de l’œuvre cinématographique importante de Sacha Guitry, dans laquelle il faut distinguer diverses conceptions d’auteur-réalisateur : les succès théâtraux filmés — bien souvent dans un seul décor — où l’on trouve des pièces comme Mon Père avait raison, Le Comédien, Tu m’as sauvé la vie, Faisons un rêve, Aux deux Colombes, Toà, Quadrille ; des évocations de personnages historiques : Pasteur, Le destin fabuleux de Désirée Clary, La Malibran — film dans lequel on vit Jean Cocteau personnifier Alfred de Musset — Deburau, Le Diable boiteux ; de grandes fresques, basées sur la petite Histoire et son côté anecdotique : Les perles de la Couronne, Remontons les Champç-Elysées, Si Versailles m’était conté, Napoléon, Si Paris nous était conté ; enfin les scénarios qu’il écrivit spécialement pour l’écran, dont le modèle demeure Le roman d’un tricheur, œuvre où il fit figure de novateur en inventant le récit à la première personne, procédé qu’il employa de nouveau dans Le trésor de Cantenac. Ses scénarios originaux nous permirent de goûter l’ironie de ils étaient neuf célibataires, l’émotion de Donne-moi tes yeux — où le thème de la cécité est traité avec une grande délicatesse — la gaieté amère de Adliémar ou le jouet de la fatalité et l’humour noir de sujets comme La Poison et Assassins et Voleurs.

Auteur, metteur en scène et interprète d’une trentaine de réalisations, Sacha Guitry, au cours de sa carrière, nous est apparu sous les visages historiques les plus divers : Louis XI, François I er , Louis XIV, Talleyrand, Barras, Napoléon III, Deburau, Pasteur et même sous les traits de Lucien Guitry, son père ; mais la dernière image que nous garderons de lui, sous le masque de la mort, c’est Pierre Brasseur, dans La vie à deux, qui nous permettra d’en conserver le souvenir.

Jean-François Robin, Combat, le 24 septembre 1958